Zones d’origine

Centres de diversité

Un centre de diversité est une zone où les fruits ont évolué sur plusieurs générations pour acquérir, via mutations génétiques, de nouvelles caractéristiques. Dans un centre de diversité, l’arbre fruitier est présent en milieu naturel, à l’état sauvage, avec une forte variété génétique.

Un centre de diversité est souvent mais n’est pas nécessairement la zone d’origine. Ce peut être une zone d’évolution et de diversification supplémentaire : le melon en est certainement un bon exemple.

La notion de centre de diversité a été pour la première fois évoquée par Vavilov dans « Études sur l’origine des plantes cultivées » (1926), dans lequel il identifie 8 centres principaux. Pour approfondir : http://oregonstate.edu/instruct/css/330/two/

Domestication

L’expansion de la très grande majorité des variétés de fruits consommées aujourd’hui à travers le monde a été principalement le fait de l’homme, à travers un processus de domestication puis de propagation des techniques de culture.

Plusieurs critères sont à prendre en considération pour expliquer la propagation d’un fruit :

  • Sa capacité de domestication par les populations sédentarisées, passant ainsi la consommation d’un statut de cueillette à celle de culture ;
  • Son goût et ses qualités nutritives, qui peuvent évoluer dans le temps au fil de croisements donnant lieu à de nouvelles variétés, motivant ou accélérant le processus de domestication ;
  • L’expansion géographique de la population humaine native de la zone d’origine ;
  • La connexion des zones de culture avec les principales routes commerciales, terrestres et maritimes ;
  • Sa capacité à croître dans d’autres environnements que celui d’origine.

Le processus de domestication induit :

  • La sélection des meilleurs arbres fruitiers, consciente ou inconsciente, qui a un impact sur l’évolution au sens génétique de l’espèce
  • La mise en œuvre de pratiques pour cultiver l’arbre fruitier : préparation du sol, plantation, coupe, savoir-clés liés à chaque espèce …

Le processus de domestication d’espèces végétales est plus tardif que celui des espèces animales, et débute au Néolithique (-10000 environ) : blé, maïs, sorgho, riz, lentilles, sésame sont les principales espèces qui font l’objet d’une culture maîtrisée. Ce processus induit une distance génétique progressive entre espèce cultivée et celle d’origine.

La domestication d’arbres fruitiers ne commence qu’au Néolithique tardif et à l’âge de bronze (-6000 à -3000). La raison de ce décalage entre céréales et fruits est simple : la culture de fruits suppose un engagement bien plus important sur un même sol pour pouvoir récolter. La culture d’arbres fruitiers est donc directement corrélée au processus de sédentarisation et d’urbanisation.