Panorama des surfaces cultivées et des rendements de la production fruitière

Le rendement des surfaces cultivées pour la production fruitière* est calculé simplement en divisant la production (en tonnes) sur la surface (en hectares). Ce rendement est dépendant de trois critères principaux :

  • le type d’arbres fruitiers bien sûr, tous ne produisant pas le même poids en fruits ;
  • le climat, plus ou moins propice à leur culture ;
  • les techniques mises en oeuvre pour optimiser ce rendement.

Pour commencer avec une vision très grossière, voici deux tableaux qui présentent la répartition de la production mondiale en 2011 par continent :

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Et le suivant, qui présente la même répartition, non plus en tonnes mais en surface cultivée. Le principal constat est le respect des proportions constatées, supposant un rendement égal par continent, hormis pour le continent africain, où le rendement semble bien inférieur. Reste à savoir si cela se vérifie avec un examen plus approfondi, où si par exemple cet écart s’explique par des choix de productions fruitières à plus faible rendement.

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Pour fixer les idées sur le rendement à l’échelle mondiale de chaque production fruitière, les 14 principales ont été retenues. Quand le rendement moyen est à 13 tonnes/ha, trois groupes se détachent :

  • le groupe des fruits à fort rendement (supérieur ou égal à 18 t/ha) : pastèque, melon, ananas, banane, orange ;
  • le groupe des fruits à rendement moyen (entre 10 et 16 t/ha) : citrons, pomme, poire, pêche, mandarine, raisin ;
  • le groupe des fruits à faible rendement (inférieur ou égal à 9 t/ha) : noix de coco, mangues et goyaves, plantains.

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L’exercice suivant est de dissocier par continent le rendement moyen pour chacune de ces 14 productions fruitières :

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Certaines productions fruitières sont relativement homogènes, à savoir les productions de citrons, melons et oranges.

D’autres représentent un grand écart impressionnant :

  • l’ananas : son rendement est très faible dans toute l’Afrique quand il est très fort sur tout le continent américain, que ce soit en Amérique du Nord ou en Amérique du Sud (avec 31 t/ha), atteignant même 44 t/ha en Amérique centrale. En Amérique du Sud un Brésil (38 t/ha) devance largement d’autres producteurs, comme l’Argentine et l’Equateur avec seulement 18 t/ha. Le rendement asiatique est intermédiaire, avec une productivité plus importante dans le Sud-Est asiatique (tirée par l’Indonésie principalement, et les Philippines), équivalente avec l’Amérique du Nord ou du Sud.
  • la banane : le rendement asiatique est globalement homogène, mais reste tiré par l’Inde (36 t/ha) et surtout l’Indonésie (59 t/ha). Le rendement américain est très disparate : faible aux Etats-Unis et au Brésil (moins de 20 t/ha), il est compensé par les rendements des pays d’Amérique centrale et du nord de l’Amérique du Sud (Equateur avec 39 t/ha, Colombie). Le rendement du continent africain est plombé par la très faible productivité de l’Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est (inférieure à 15 t/ha).
  • la mandarine : il s’agit surtout du faible rendement asiatique, qui s’explique avant tout par le très faible rendement de la Chine (9 t/ha), quand l’Iran ou la Turquie atteignent 27 t/ha.
  • le rendement du continent africain sur la noix de coco reste, quelle que soit la région, inférieur de moitié aux autres régions du globe. Le Brésil (11 t/ha) et la Chine (8 t/ha) affichent les meilleurs rendements.
  • la pastèque, dont les rendements sont très variables : élevés (supérieurs à 30 t/ha) en Chine, Italie, Espagne, Australie, Etats-Unis ; faibles (inférieurs à 20 t/ha) en Thaïlande, aux Philippines, en Argentine, Equateur, Inde, Indonésie. La productivité chinoise compense les faibles rendements asiatiques, de même pour les Etats-Unis pour le rendement américain. Le rendement africain, qui est celui de l’Afrique du Nord, est intermédiaire. Le rendement européen est plombé par la faible productivité des pays d’Europe de l’Est.
  • La poire : le bon rendement de l’Afrique australe (28 t/ha) est plombé par le très faible rendement de l’Afrique du Nord (8 t/ha). Il en va de même pour le très bon rendement de l’Europe de l’Ouest (particulièrement au Benelux et en France) vs le reste de l’Europe. Le rendement américain est surtout le fait des Etats-Unis (39 t/ha). En Asie, le faible rendement est assez homogène selon les régions.
  • La pomme a également des rendements très disparates : très élevés (supérieurs à 30 t/ha) aux Etats-Unis et au Brésil, en France et en Italie, ils peuvent être égaux ou inférieurs à 10 t/ha dans des régions moins propices à sa culture (Inde, Equateur, Mexique). Le rendement africain est tiré par l’Afrique australe (35 t/ha), le rendement européen est tiré vers le bas par l’Europe de l’Est, alors que le rendement asiatique est globalement assez homogène en fonction des régions.
  • Le raisin a un rendement globalement assez homogène pour chaque continent. Il est très faible en Europe (inférieur à 10 t/ha quelle que soit la région), alors qu’il est très important en Amérique du Nord (Etats-Unis) et du Sud (Brésil), avec 18 et 17 t/ha. Le continent asiatique, qui devance légèrement le continent européen en valeur absolue de production, est tiré par la Chine..

En synthèse, en termes de rendements, sans avancer une quelconque hypothèse sur les critères les favorisant, on peut constater :

  • Des rendements en Afrique généralement inférieurs à la moyenne, particulièrement criant pour les cultures de l’ananas, la banane, la pastèque et le plantain. Les rendements sont cependant plus élévés en Afrique du nord et australe vs le reste du continent.
  • Des rendements en Amérique du Nord comme du Sud supérieurs à la moyenne : ananas, bananes, poires, pommes, raisins. Hormis la production de banane, il s’agit surtout de rendements très élevés dans deux pays : les Etats-Unis et le Brésil.
  • Des rendements plutôt moyens en Europe, mais faibles en Europe de l’Est, et en Océanie.
  • Des rendements légèrement supérieurs à la moyenne en Asie, tirés surtout par la Chine (pastèque, raisin, noix de coco) et également par l’Asie de l’ouest (Iran, Turquie).

 

Sources :

FAOSTAT

* Les fruits considérés sont les suivants : bananes, pastèques, pommes, oranges, raisins, noix de coco, mangues, goyaves, plantains, melons, mandarines, clémentines, poires, ananas, citrons, citrons verts, pomelos, prunes, dattes, kakis, fraises, abricots, cerises, kiwis, figues, myrtilles, mûres, groseilles, framboises et coings.
Ne sont pas comptabilisés : litchis, fruits de la passion, etc.

Tous les graphiques sont originaux et produits par fruitsatlas.com.

 

 

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